Jean-Lou Paiani prépare son premier briefing

Après quatre saisons chez les professionnels, Jean-Lou Paiani n'a pas retrouvé de contrat pour la saison 2015. Le Haut-Savoyard, âgé de 26 ans, ne s'est pas éloigné du cyclisme puisqu'il vient de créer sa propre société, Jean-Lou Paiani Sport Organisation. Et il sera par ailleurs ce week-end directeur sportif du Team Vulco-VC Vaulx-en-Velin sur le Tour du Beaujolais. L'ancien vainqueur d'étape sur le Tour de l'Avenir a répondu aux questions de DirectVelo.com.
DirectVelo.com : Comment t'es-tu retrouvé à devenir directeur sportif au Team Vulco-VC Vaulx-en-Velin pour ce week-end ?
Jean-Lou Paiani : Comme je n'ai pas retrouvé de contrat, je me suis pas mal remis en questions. Je suis parti sur le projet professionnel de faire le DEJPS (Diplôme d'état de la Jeunesse, de l'Education Populaire et du Sport, NDLR). Je vais donc effectuer quelques piges avec le Team Vulco-VC Vaulx-en-Velin. Ça me fait plaisir car c'est le plus gros club que j'ai eu en amateur. Ça fait bizarre de revenir en tant que directeur sportif. Régis (Auclair) m'avait proposé de courir dans l'équipe en 2015. Mais je lui ai dit clairement que je n'avais pas la tête à retourner chez les amateurs. Il a très bien compris. Et il était content quand je lui ai dit que je cherchais une équipe pour faire des piges dans le cadre du DEJPS. Ils m'ont demandé d'être là ce week-end car l'équipe sera sur trois fronts.
« J'AI VECU DES CHOSES »
Tu es dans quel état d'esprit avant de découvrir cette fonction ?
Il y a un petit stress et une grosse envie de bien faire. C'est un domaine que je ne connais pas. C'est complètement différent d'être dans la voiture. On me parle de réunion des directeurs sportifs, de permanence... J'en ai entendu parler mais je ne sais pas ce que c'est. Il faudra préparer un briefing, diriger des coureurs... Je ne l'ai jamais fait. Il n'y a pas si longtemps que ça, j'étais encore coureur. C'est allé vite.
Tu t'imagines occuper ce poste dans le futur ?
J'ai toujours aimé le vélo. Je repars dans ce domaine... Devenir directeur sportif ? Disons que ça me plaît de partager. J'ai eu la chance d'être professionnel, j'ai vécu des choses. J'ai une petite expérience à transmettre aux coureurs. Maintenant, je ne sais pas si je vais être bon... On le verra grâce à mes piges avec le Team Vulco-VC Vaulx-en-Velin.
Je vais par ailleurs organiser des séjours cyclistes autour de Megève (Haute-Savoie), dans les Alpes et en Provence, en début et fin de saison. Je me suis lancé rapidement pour profiter d'avoir un petit nom encore dans le vélo. Par exemple, sur la Megève-Mont Blanc, j'ai roulé avec un Belge et il m'a dit qu'il me connaissait.
Je suis originaire de Megève, une commune qui a envie de se développer là-dedans. J'ai créé ma société pour offrir ce service là aux touristes et cyclistes, assidus ou non.
Tu continues donc de rouler ?
Je devais aller dans une équipe, mais en novembre j'ai appris que ça n'allait pas se faire. Je venais de reprendre l’entraînement et on me dit ça... A Noël, j'ai pensé à mon avenir professionnel. J'étais un peu dégoûté du vélo. J'ai passé mon monitorat de ski alpin, j'ai réussi la première étape. Je me suis renseigné en parallèle pour passer le DEJPS. J'ai gardé la forme grâce au ski. Puis je me suis remis au vélo. Je suis présent sur les cyclosportives. Je continue de rouler. Il faut avoir un minimum de condition pour encadrer les stages et connaître les parcours...
« JE N'AI PAS EU DE REUSSITE »
Ne regrettes-tu pas d'avoir dû arrêter à 26 ans la compétition ?
J'ai quand même été professionnel, je ne suis pas le moins chanceux dans la vie. J'ai eu une grosse gamelle au moment où je commençais à bien me sentir chez les professionnels. J'ai chuté, en 2012, une semaine après avoir terminé 30e de Paris-Roubaix. Cette gamelle me gâche ma carrière pro. Je reviens, l'équipe Sojasun s'arrête fin 2013... Je vais l'an dernier à Roubaix-Lille Métropole mais j'ai eu la mononucléose. Je n'ai pas eu de réussite mais j'ai tout même couru quatre ans chez les professionnels. J'ai fait quelques belles performances (2e d'étape au Tour du Portugal et au Grand Prix de Lillers 2012, NDLR). Je pense que j'avais la caisse pour faire des trucs intéressants, réaliser des belles choses... Je suis donc un peu déçu de ça.
Pourquoi n'as-tu pas souhaité repartir chez les amateurs ?
Il y avait peu de chance de repasser professionnel derrière. Vu comme mon hiver s'est fini, je n'avais pas la tête à me remettre à 200 % au vélo. C'est ce que j'avais dit à Régis. Puis j'aurai 27 ans à la fin de saison... Il faut être réaliste. J'ai monté mon truc, je m’investis à 200 % dedans, ça me plaît... Faire du vélo c'est beau mais il faut gagner sa croûte.
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