E3 Saxo Classic : Le « monstre » les a mis au « supplice »

Crédit photo Xavier Pereyron / DirectVelo

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Mads Pedersen et Filippo Ganna sont deux colosses au palmarès aussi épais que leurs cuisseaux. Et pourtant, même ces deux grands noms du peloton se disent “heureux” de leurs places respectives de 2 et 3 tant il leur semblait difficile voire presque impossible de battre ce Mathieu Van der Poel là sur les pavés flamands de l’E3 Saxo Classic (voir classement). “Mathieu était au-dessus. Normalement, je me bats toujours pour la victoire mais pour une fois, je suis très satisfait de ce résultat”, concédait ainsi le Danois auprès de la presse en zone mixte après la course. Le leader de la Lidl-Trek, toujours aussi vaillant, avait bien tenté de prendre les choses en main dans le Taaienberg, à 80 km de la ligne. “C’était le plan car j’étais pratiquement certain que Wout (van Aert) ou Mathieu (Van der Poel) prendraient l’initiative si je ne le faisais pas moi-même. Alex Kirsch m’a parfaitement lancé en montant le pied très fort. Il aurait été stupide de ne pas profiter de cette rampe de lancement”.


Malheureusement pour le Scandinave, Mathieu Van der Poel est resté collé à la roue telle une sangsue. “J’espère lui avoir fait mal, au moins un petit peu, car moi j’avais très mal aux jambes”, sourit Mads Pedersen, beau joueur comme à son habitude. “Puis dans le Quaremont, c’est lui qui m’a mis au supplice”. Le Néerlandais s’en est allé seul, et pour de bon, à 39 bornes de l’arrivée et Mads Pedersen a ensuite chassé tout seul pendant trois quarts d'heure.

« IL NE FAUT PAS LÂCHER L’AFFAIRE »

En troisième rideau, Filippo Ganna, seul en chasse lui aussi. Ce qui a dû lui rappeler les souvenirs récents de Milan-San Remo, où ce même Mathieu Van der Poel lui avait, déjà, fait si mal aux cannes. “Pendant un instant, j’ai cru pouvoir suivre dans le Quaremont mais j’ai regardé le compteur, j’ai vu les données et j’ai compris que si j’essayais de suivre plus longtemps, j’allais finir allongé dans l’herbe au sommet”, concède l’Italien. “Peut-être que je peux espérer quelque chose à Roubaix, je ne sais pas, mais dans les monts, Mathieu roule trop fort pour moi”.

Pas question pour autant de capituler pour les deux hommes. Mads Pedersen rêve toujours de remporter un premier Tour des Flandres ou un Paris-Roubaix et il a les jambes pour le faire. “Tout est possible. Mathieu peut chuter, crever… Il ne faut pas lâcher l’affaire. Ce résultat est la preuve que j’ai simplement vécu une mauvaise journée à San Remo mais que la forme est bel et bien là”. Alors il veut continuer d’y croire. Mais il faudra que toutes les planètes soient alignées. “Mathieu est un monstre, c’est l’un des plus grands, pas seulement de cette génération mais de l’histoire du cyclisme”. Même hommage du côté du rouleur d’INEOS Grenadiers, qui arrive encore à être épaté par la force physique du Néerlandais. “C’est l’un des plus grands. Je vais essayer de le battre, peut-être que j’y arriverai à l’avenir, mais c’est dur…”.

   

 

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