Benoît Cosnefroy, le retour en grâce d’un scoreur

Crédit photo Tour de Hongrie
Il lui avait fallu un peu de temps pour s’adapter, prendre de nouvelles marques et se faire une place dans une autre équipe. Voilà désormais que Benoît Cosnefroy tourne à plein régime sous les couleurs d’UAE Team Emirates XRG. Mais qui pouvait véritablement en douter ? Redoutable puncheur, formidable finisseur, le Normand a toujours cumulé les gros résultats sur les rendez-vous d’importance depuis les jeunes catégories.
Certes, ses problèmes physiques l’avaient longtemps privé de s’exprimer l’an passé mais il avait tout de même réussi une bien jolie performance en remportant le Grand Prix du Morbihan quelques jours seulement après sa course de reprise, en Romandie. L’ancien Champion du Monde Espoirs était ensuite tombé sur le Tour de Suisse et avait dû mettre un terme à sa saison 2025 - et à sa longue aventure avec “AG2R” - prématurément. Avec treize malheureux jours de compétition au compteur. Mais le voir retrouver de sa superbe ce printemps, désormais sous le maillot de la meilleure équipe au monde, n’a rien de surprenant.
LA BASCULE AUX ARDENNAISES
Après une grosse campagne d’Ardennaises, où il a cumulé podiums et places d’honneur - 3e de la Brabançonne, 3e de l’Amstel, 4e de la Flèche Wallonne - avant de propulser Tadej Pogacar vers la victoire dans les pentes de la Redoute sur Liège-Bastogne-Liège, « Beubeu » a retrouvé le chemin de la victoire au… Grand Prix du Morbihan. Il s’agissait alors de son quatrième succès à Plumelec, une course au profil qui lui va comme un gant, idéale pour relancer le compteur. “C’est bien de concrétiser car l’équipe m’a recruté pour ça, pour gagner des courses”, a-t-il répété en Bretagne après n’avoir cessé d’évoquer durant toutes ses récentes interviews ce rôle de scoreur qu’UAE lui a clairement donné à sa signature puis à l’élaboration de son calendrier, l’hiver dernier.
Le Tour de Hongrie faisait lui aussi partie de ces épreuves régulièrement citées par Benoît Cosnefroy depuis la reprise. “Ce sera une découverte et c’est une course où l’on m’attend pour gagner”, lançait-il dès le mois de janvier. Et l’athlète de 30 ans ne s’est pas loupé. Ce jeudi, lors du deuxième acte de l’épreuve ProSeries, Benoît Cosnefroy a profité d’un dernier kilomètre punchy, comme il les aime, pour écraser la concurrence. “Je n’avais pas de super jambes dans le final mais Rui (Oliveira) a super bien bossé pour moi”. C’est lorsque le Portugais s’est retourné vers le Normand, et que ce dernier a hurlé à son coéquipier “Come on, come on !” que la course s’est jouée. “Il a mis tout ce qu’il avait pour moi, il a accéléré fort. Je me suis retourné pour voir la situation aux 600 mètres et je me suis dit qu’il fallait y aller”. Benoît Cosnefroy accélère franchement alors même que son coéquipier ne s'est pas encore écarté. Il creuse d'emblée un écart important et irrémédiable sur la concurrence.
EN JAUNE… JUSQU’AU BOUT ?
“C’est une victoire incroyable. Je suis très heureux de récompenser l’équipe qui a bossé toute la journée pour moi. Cette victoire, c’est pour eux. Gagner une deuxième fois en quelques jours, c’est top”, clamait le lauréat en zone d’arrivée. Et dire qu’initialement, “l’idée était de jouer le sprint avec Seba Molano”. Cerise sur le gâteau, voilà Benoît Cosnefroy en jaune. Au vu du profil des trois dernières journées, rien n’interdit au Français de rêver à la victoire finale, l’étape reine se tenant samedi avec tout de même une arrivée au sommet d’une ascension de 5.1 km à 6.9 %, qu’il faudra d’ailleurs monter trois fois au préalable.
“Ce ne sera pas facile ces prochains jours avec la météo annoncée, notamment la pluie. Mais c’est toujours mieux d’avoir quelques secondes d’avance que de retard. Dans tous les cas, je veux d’abord savourer cette victoire”. Benoît Cosnefroy a retrouvé sa grinta et ne nous y trompons pas : s’il n’est pas perturbé par une mauvaise chute ou une maladie, il ne devrait certainement pas s’arrêter en si bon chemin.
En savoir plus : coureurs et équipes associés
Coureurs

