Quentin Bezza : « C'est un peu mon nouveau Championnat du Monde »

Crédit photo Nicolas Berriegts - DirectVelo
C'est une victoire avec une valeur sentimentale particulière qu'a décrochée Quentin Bezza, ce week-end. Vainqueur du Tour de Côte d'Or, le coureur du SCO Dijon-Team Matériel-velo.com a permis à son club de s'imposer sur sa course. Mais pour l'Alsacien aussi, ce succès a une résonance puisqu'il vit dans le département depuis plusieurs années. L'ancien coureur de Wagner Bazin WB n'avait pas non plus vécu son meilleur début de saison jusqu'à présent, à l'image de son équipe, qui se cherchait encore. Ce dimanche, tout le monde était bien plus heureux avec ce succès de prestige, comme l'explique Quentin Bezza au micro de DirectVelo, qui n'a pas hésité à taper du poing sur la table avant le week-end.
DirectVelo : Tu gagnes sur le Tour de Côte d'Or, toi qui vis ici et qui fais maintenant partie des meubles au SCO Dijon !
Quentin Bezza : Je rêvais toujours de faire le Tour Alsace en tant qu'Alsacien. On disait que c'était mon Championnat du Monde. Évidemment, je sais que je ne pouvais pas le gagner puisque l'épreuve est trop relevée. Ça fait quatre ans que j'habite ici maintenant, donc c'est un peu mon nouveau Championnat du Monde. De pouvoir le gagner, c'est top. C'est peut-être la course par étapes de l'année qui me fait le plus de bien au cœur. C'est un peu ma nouvelle maison. C'est chouette pour le club aussi. Pour le moment, on fait de bonnes courses, mais on n'est pas toujours payés au niveau des résultats. Là, ça fait plaisir. J'espère que les mecs prennent conscience qu'ils ont le niveau. Je pense que les autres équipes doivent se dire : « Dijon, ils ont vraiment été solides. » C'est la première fois de l'année où ils vont se dire ça. J'espère que ça va lancer la dynamique.
As-tu tremblé aujourd'hui ?
L'équipe a vraiment fait un super boulot. Aujourd'hui, c'est vraiment une victoire d'équipe. Sans eux je n'aurais pas gagné, ils ont fait un boulot énorme. J'en ai un peu fait au début pour ne pas louper des coups et à la fin, par moments, les autres ne nous ont pas épargnés. Des fois, je n'étais pas fou-fou dans les bosses. Sacha (Bergaud) m'a notamment ramené dans une bosse parce que je pétouillais. Du coup, on voulait contrôler et laisser partir 5-6 mecs, mais ça ne s'est jamais vraiment fait. Après, sur l'enchaînement des bosses plus dures, on était encore six à 35 bornes de l'arrivée.
« JE PRÉFÈRE PERDRE À LA PÉDALE QUE DE FAIRE UN MOUVEMENT PAS FAIR-PLAY »
Mais comme la victoire pouvait se jouer à la place, il ne fallait pas trop reculer...
J'avais peur de prendre une cassure dans le pétard, mais il fallait être placé au pied. Les gars ont fait un boulot énorme. On avait prévu de passer le virage en tête avec Sacha Bergaud et c'est ce qui s'est passé. Après, j'arrive à faire dans les 10. Mais pour moi, le plus dur, c'était de passer le pétard. J'ai dû être 10e au pétard et après j'ai pu en repasser quelques-uns. J'ai pu lever le bras, parce que j'étais quasiment sûr d'avoir gagné. Donc c'est top.
Quel était le plan de départ ?
Corentin Devroute, c'est mon frérot (sourire). Donc je dis depuis jeudi à l'équipe que le dimanche, c'est une arrivée pour lui. Au début de course, je l'ai suivi pas mal de fois, il ne fallait pas qu'on laisse partir l'UV Aube ou le Guidon Chalettois, c'était logique. Au final, l'équipe était tellement forte qu'il n'y a jamais eu une équipe qui est venue rouler, on a toujours été sous contrôle. Une fois que Sacha m'emmenait au kilomètre, c'était à moi de ne pas me louper. Je n'avais pas le choix, je ne pouvais pas gâcher le travail de l'équipe. C'est un peu une revanche par rapport à hier. Certains me disent que je n'ai pas fermé la porte, mais au moins j'ai fait un sprint régulier. J'aurais pu lui fermer la porte, mais ça n'aurait pas été régulier. Je préfère perdre à la pédale que de faire un mouvement pas fair-play. Je gagne aujourd'hui, donc c'est d'autant plus beau.
« VENDREDI, J'AI POUSSÉ UN COUP DE GUEULE »
Tu as eu un déclic depuis le printemps ? Car ton début de saison n'était pas forcément à la hauteur des attentes...
Oui, d'avoir gagné à l'Eure-et-Loir, ça m'a pas mal soulagé. Mais ma chute à Puyloubier, mine de rien, ça m'a vraiment impacté. Parce que pendant un mois et demi, j'avais la plaie qui était encore infectée. Ça s'est résorbé une semaine avant l'Eure-et-Loir. Puis l'échappée au Tour du Jura m'a lancé. Ensuite, la première victoire, c'est toujours le déclic, et je ne passe pas loin de gagner le général. Aujourd'hui, c'est la revanche. Maintenant, j'espère prendre ma revanche au Loiret dans deux semaines.
Collectivement aussi, ce succès doit servir de déclic...
Vendredi, j'ai poussé un coup de gueule parce qu'au briefing, on disait qu'on était une des équipes les plus fortes. J'ai dit aux gars : « Oui, on est les plus forts, mais on ne gagne pas de course et on ne pèse pas sur la course. Donc, au lieu de parler, il faut montrer ». Je les ai un peu piqués au vif. C'est mon rôle aussi. Hier, on est la seule équipe avec deux mecs devant et ça ne se joue à pas grand-chose pour qu'on gagne l'étape. Et aujourd'hui, je pense qu'on a montré qu'on était les plus forts du week-end, en restant humbles. Maintenant, ça va leur faire prendre confiance et l'équipe marche.
Quelle va être ta préparation pour le Championnat de France ?
Il faut que je souffle parce que je cours tous les week-ends. Déjà, avant, j'étais malade. La semaine d'après, j'ai fait le Chrono Champenois et j'ai enchaîné avec Paris-Troyes. Donc là, je fais le Loiret et après, je ne fais plus rien jusqu'au France, si tout se passe bien. Je suis celui qui a le plus couru dans l'équipe. Donc, il faut que je souffle et surtout que je prépare le France. Chose que je n'ai pas pu faire les années d'avant car j'enchaînais tous les week-ends.
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