Julian Alaphilippe « apporte déjà beaucoup » à Tudor

Crédit photo A.S.O / Billy Ceusters
Julian Alaphilippe se connaît par cœur et sait très bien où il en est. À désormais 32 ans, le néo-sociétaire de la formation Tudor a pris plaisir à monter en puissance tout au long de Paris-Nice, malgré des conditions météorologiques bien souvent délicates, voire par moments exécrables. “Ce n’était que ma troisième course de l’année. C’était une difficile mais belle semaine. J’ai pris beaucoup de plaisir pendant toute la course. C’était l’occasion de prendre des repères. Je me sens bien physiquement, de mieux en mieux, je suis dans le bon timing. Je pense que c’est bon signe pour ce qui va arriver”, résumait-il dimanche au micro de DirectVelo, en marge de la dernière étape.
« JULIAN A MONTRÉ À TOUT LE MONDE QU’ON POUVAIT COMPTER SUR LUI »
Attendu jeudi dans la Côte de Notre-Dame-de-Sciez et ses pourcentages terribles, il avait craqué et laissé bien malgré lui la lumière à ses compatriotes Lenny Martinez et Clément Champoussin. Deux jours plus tard, il s’est mué en équipier de luxe pour Michaël Storer, vainqueur sous la neige d’Auron puis 5e du général final. “Je croyais en lui, je savais qu’il était très fort et il était totalement normal de l’aider. J’ai vraiment profité, j’aime ces moments-là à l’avant”. Ce comportement n’a “pas surpris” son staff mais a confirmé tout le bien que Morgan Lamoisson pensait déjà de son nouveau leader. “Sincèrement, on est très satisfaits de sa semaine sur Paris-Nice, tant sur le vélo que sur les à-côtés. Il apporte beaucoup au groupe. Il a fait une semaine pleine, il a été important dans la dynamique de groupe”, déclare l’ancien pro. “On n’en doutait pas mais il l’a mis en pratique et ça fait plaisir. Dès qu’il est rentré devant samedi, il a immédiatement dit à Michaël qu’il allait bosser pour lui. C’est le genre de situation qui peut décupler les forces de ton coureur”.
Le jour-même, l’Australien s’était en effet montré très touché et marqué en conférence de presse. “Julian a tout lu, tout compris quand l’échappée s’est faite en deux temps. Il a tellement d’expérience… Il savait ce qu’il faisait, il s’est sacrifié pour moi jusqu’à ne plus rien avoir dans les jambes. Ce n’est pas tous les jours qu’un double Champion du Monde se met totalement à la planche pour toi. C’était génial et très spécial. Je ne risque pas d’oublier cette journée”. Cette situation a, forcément, énormément plu à Morgan Lamoisson. “Ça doit faire quelque chose un double Champion du Monde qui roule pour toi, en effet. Personnellement, je ne l’ai jamais vécu (rire). Michaël a été épaté. Il s’est aussi rendu compte que Julian était très fort et qu’il aurait pu jouer l’étape pour lui-même. Julian a montré à tout le monde qu’on pouvait compter sur lui et je suis persuadé que ça donnera encore plus envie aux autres de lui rendre la pareille lorsqu’ils en auront l’occasion”.
« JE SAIS QUE QUAND J’AURAI BESOIN D’EUX, ILS SERONT LÀ ÉGALEMENT »
Julian Alaphilippe est toujours très ambitieux mais ne veut pas prendre toute la place dans sa nouvelle structure. “C’est normal d’aider, j’ai des coéquipiers qui sont très forts”, insiste-t-il, tout en glissant qu’il pense aussi, et c’est bien logique, à la suite. “C’est super important de donner le maximum pour mes coéquipiers, je l’ai toujours fait. Je sais que quand j’aurai besoin d’eux, ils seront là également”. Car les choses (très) sérieuses débutent ce samedi pour l’ancien taulier de la Soudal Quick-Step, qui va se rendre sur Milan-San Remo, épreuve qu’il a remportée en 2019, avant d'enchaîner avec l’E3, le Tour des Flandres et les Ardennaises. “J’aurai un rôle de leader à assumer”.
Pour « la Primavera », son directeur sportif se veut prudent. “C’est toujours délicat de bien récupérer de Paris-Nice, surtout avec des conditions météo pareilles. C’est généralement tout l’un ou tout l’autre après une telle semaine”. Une chose est sûre : Julian Alaphilippe est dans les temps, d’après Morgan Lamoisson. “Il est là où on voulait qu’il en soit au niveau des données, des watts. C’est dans la continuité de ce premier bloc, sachant qu’il a connu une reprise assez tardive au Portugal. Il a montré samedi qu’il était en forme. Même jeudi, il lui a manqué 400 mètres mais il était dans le coup. Le bilan est positif et c’est bien en vue du mois d’avril”. Tous les espoirs sont permis.
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