Dimitri Champion : « Je ne voulais pas arrêter d’un coup »

Non-conservé par Bretagne-Schuller, Dimitri Champion évoluera l'an prochain au sein du Team Peltrax-CS Dammarie-lès-Lys, club francilien candidat à la DN3. Le Champion de France 2009 tourne la page du cyclisme professionnel sans regrets. Le coureur âgé de 29 ans se confie à www.directvelo.com.
DirectVélo : Tu vas passer d'une équipe continentale pro Bretagne-Schuller au Team Peltrax-CS Dammarie-lès-Lys. Pourquoi ce choix ?
Dimitri Champion : C’est une bonne question (rires). Disons tout simplement que je n’ai pas été renouvelé par la formation Bretagne-Schuller, et que je ne voulais pas arrêter ma carrière comme cela, du jour au lendemain. J’aurais préféré rester dans mon département, l’Essonne. Malheureusement, il n’y a aucune véritable structure là-bas. J’ai donc opté pour une équipe en Seine-et-Marne, afin de rester assez près de la maison. Je connais bien les dirigeants de l’équipe. Cela faisait assez de critères pour m’engager avec eux.
N’as-tu pas eu de propositions plus alléchantes venants d’équipes professionnelles ?
Aucune. Personne ne m’a contacté. Les dirigeants de Bretagne-Schuller m’avaient fait savoir dès le mois d’août qu’ils n’allaient pas me conserver dans leur effectif. Maintenant, je ne vais pas pleurer non plus. Il faut bien avouer que je n’ai pas fait une saison hallucinante. Je comprends donc cette décision. Je les remercie de m’avoir accordé leur confiance, et je quitte l’équipe en bons termes.
« J'ai voulu anticiper au maximum ma reconversion »
Cela signifie t-il que tu renonces définitivement au monde professionnel ?
Oui, c’est terminé. Ce n’est pas une question de motivation, mais on ne m’a pas vraiment laissé le choix. Si j’avais pu signer un contrat professionnel, je l’aurais fait bien évidemment. En revanche, je ne suis pas prêt à refaire mes preuves chez les amateurs, me déchirer toute l’année pour éventuellement retrouver un contrat avec une grande équipe plus tard. Dans ma tête, je suis déjà passé à autre chose.
Autre chose, c’est-à-dire ?
J’ai déjà rebondi en créant ma propre société dans la région. C’est une société d’entretiens et d’aménagements d’espaces verts. Quand j’ai compris que je n’allais pas retrouver de contrat professionnel, j’ai voulu rebondir le plus vite possible, anticiper au maximum ma reconversion.
« Priorité à ma nouvelle entreprise »
En 2013, tu vas donc jongler entre votre nouvelle entreprise et le cyclisme. Est-ce vraiment compatible ?
Oui, dans la mesure où j’ai été très clair avec les dirigeants de l’équipe Peltrax-CS Dammarie-lès-Lys. Je leur ai bien expliqué que ma priorité serait désormais ma nouvelle entreprise. En termes de compétition, je compte donc avoir un calendrier relativement léger. Je ne veux plus m’embêter non plus avec de longs trajets et je compte donc participer à des épreuves dans les environs.
Tu vas donc courir simplement pour le plaisir l’année prochaine ?
C’est le but. Comme je l’ai dit, je ne voulais pas m’arrêter d’un coup. Et puis je reste un compétiteur. Je n’étais pas prêt à poser le vélo au garage pour de bon. Je pense que ça m’aurait vite manqué. En plus, je reste quand même un gagneur. Si je peux jouer la gagne sur certaines épreuves l’an prochain, il est évident que je ne vais pas me gêner (rires). Le but sera également d’aider au mieux les jeunes de l’équipe, essayer d’apporter mon expérience du haut-niveau.
« Je n’ai pas de regrets »
Tu n'as que 29 ans. Tu es quand même forcé de quitter le monde professionnel très tôt. N’est-ce pas une déception ?
Très honnêtement, je n’ai pas de regrets. J’ai fait le maximum tout au long de ma carrière, respectant et honorant mes équipes. Je pars la tête haute, satisfait de mon parcours. Et puis vous savez, arrêter à 29 ou à 35 ans, cela change quoi dans le fond ? C’est tôt, c’est vrai. Mais dans tous les cas, il faut bien passer par là un jour ou l’autre. Je quitte le cyclisme pro avec de beaux succès à mon actif. Certains continuent jusqu’à 37 ans mais ne vont jamais avoir la chance de lever les bras. Moi, j’arrête à 29 ans en ayant été Champion de France, et ça me va !
Tu as réalisé une très belle saison en 2009. Puis tu n’as pas été ridicule chez AG2R-La Mondiale. Finalement, tu paies très cher ton manque de résultats cette saison...
C’est vrai. J’ai fait ma meilleure saison en 2009, avec mon titre de Champion de France, et d’autres succès sur le Circuit des Ardennes ou le Tour du Finistère entre autres. Je ne suis pas mécontent non plus de mes deux années avec AG2R-La Mondiale. J’ai beaucoup appris là-bas, et notamment participé à un Tour de France. Malheureusement, j’ai été stoppé pendant six mois en 2011 à cause de problèmes physiques. Je voulais me relancer chez Bretagne-Schuller cette saison mais ça n’a pas été le cas. Tant pis pour moi. Maintenant, le fait que les places soient très chères en ce moment dans les équipes professionnelles n’a sans doute pas aidé. C’est la vie.
Justement, c’est donc une nouvelle vie qui commence pour toi désormais...
Je suis curieux de voir ce que peuvent donner ces nouvelles expériences. Je suis satisfait d’avoir pu me relancer très rapidement avec de nouveaux projets. C’est une page qui se ferme, et une autre qui s’ouvre. J’ai consacré plusieurs années de ma vie au cyclisme de très haut niveau. Maintenant, il est temps de passer à autre chose. Sans regrets.
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Crédit Photo : Etienne Garnier - www.velofotopro.com
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