Un Mainguenaud peut en cacher un autre
Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo
Il reste un peu plus de 10 kilomètres sur la manche de Montaigu, au Circuit des Plages Vendéennes, lorsque qu'un membre de la famille Mainguenaud, Tom, de Mayenne-V and B-Monbana, est parvenu à sortir accompagné par Florentin Lecamus-Lambert. Ce binôme a fait défiler les kilomètres et l'histoire semblait bien se présenter, à tel point qu'ils étaient en tête au passage de la flamme rouge. "Il manque 500 mètres. On s'est fait reprendre pourtant on s'est entendus jusqu'au bout, mais je pense que ça s'est organisé derrière, ils étaient plusieurs à rouler", raconte l'ancien professionnel. C'est un groupe de contre qui est revenu. Un groupe qui s'est étoffé dans le final et où Tom a pu reconnaitre un visage, celui de son frère Lucas, membre du Vendée U.
« ON NE SE FAIT PAS DE CADEAUX »
Après être sorti du peloton avec Evan Pavis, puis avoir retrouvé Benjamin Marais, Lucas Mainguenaud pouvait faire jouer sa pointe de vitesse, lui qui aime les sprints comme son aîné. "J’ai été super bien emmené, je n'ai pas mis un coup de pédale sur les 7 derniers kilomètres, donc j'ai pu rester dans les roues, et je savais qu'au sprint j'avais une grande grande carte à jouer. Je passe le dernier rond-point en 3e position et j'ai direct lancé le sprint". Large vainqueur, personne n'a pu rivaliser. "Je voulais vraiment lancer de loin, et ça a payé. Quand je me suis retourné, j'ai vu au moins quatre vélos d'avance donc j'ai pu savourer". Cerise sur le gâteau bien qu'adversaires, Tom accompagne son frère sur la boite (voir classement). "C'est une 3e place anecdotique. Heureusement, c'est mon frère qui gagne, donc ce n'est pas non plus une déception, même si j'ai envie de gagner rapidement".
Tom a quand même eu l'habitude de lever les bras, alors que pour Lucas, c'est une première au niveau Elite Nationale. "En plus c'est à la maison, ce n'est même pas à une demi-heure des Essarts, donc ça fait du bien". En un sens, les ambitions du cadet ont condamné les chances de Tom Mainguenaud, mais la relation entre frères rend forcément un tel final particulier. "C'est mon petit frère, donc je suis content de le voir lever les bras. Ils ont roulé sur moi mais chaque équipe a ses objectifs et son boulot à faire. Chacun fait sa course. On sait faire la part des choses. Je pense que si on se retrouve ensemble devant, on saura courir intelligemment, sans forcément courir l'un pour l'autre. On ne se fait pas de cadeaux", sourit Tom. Les plus heureux sont les parents, finalement. "Nos parents nous suivent depuis petits, donc forcément ça leur fait plaisir quand on gagne", note Lucas.
TOM A JOUÉ LES ENTRAINEURS POUR LUCAS
Malgré le maillot différent, Lucas Mainguenaud n'oublie pas de s'inspirer de son grand-frère, qui a de l'expérience après deux saisons avec Van Rysel-Roubaix. "On ne va pas se faire la guerre. Franchement, c'est bien de courir avec lui, et puis il me donne toujours des conseils, il a passé deux ans chez les pros, il a une plus grande caisse que moi, donc il me donne quand même beaucoup de conseils, que ce soit en dehors ou sur le vélo". Cette semaine d'ailleurs, les deux frères étaient ensemble. "Toute cette semaine, j'étais chez lui, donc je me suis entraîné avec lui. Après c'est très rare, on se voit surtout sur les courses ou quand il redescend à la maison ou que je monte chez lui". Tom lui a d'ailleurs proposé quelques exercices. "Je lui ai fait faire du derrière-scoot. Je lui avais dit que s'il gagnait, ça serait grâce à moi. Je vais pouvoir lui redire ce soir. Il va pouvoir me dire merci", s'amuse-t-il.
Du point de vue de Tom, leur profil n'est pas tout à fait le même. "Lui, c'est un pur sprinteur. Moi, je suis un peu plus passe-partout. On n'est pas trop sur le même registre". Lucas est d'accord avec le constat de son frère. "On n'a vraiment pas le même profil, donc il n'y a pas de guéguerre. On est content quand l'un ou l'autre gagne". Et c'est donc Lucas qui mène 1-0 dans le match des victoires. De quoi espérer enchainer pour peut-être connaître la même expérience que Tom au niveau au-dessus. "C'est un rêve, on l’a toujours dans un coin de la tête mais il ne faut pas que j’en fasse une fixette non plus, de toute façon on va courir en équipe, et c'est en courant en équipe qu'on pourra faire de belles choses. On est en Conti Fédérale donc on va faire aussi plus de Classe 2, ça va être de l'apprentissage, c'est un truc important pour l'équipe". Et gagner aussi.
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